Nous sommes en guerre, pas en vacances

L’humain, cet être fascinant qui prend le métro à 7h en rêvant de rentrer chez lui et lorsqu’on lui dit de rester chez lui veut absolument en sortir. N’est-il pas fascinant dans sa contradiction ? Ce serait drôle si le mot guerre n’était pas de la partie. Là encore le mot ne lui est pas inconnu, l’humain a joué au petit guerrier dans sa tendre enfance en s’imaginant héros de fiction, mais refuse d’y jouer s’il n’y a pas de joujoux plus matérialisés. Les pistolets, les sarbacanes, les explosifs, sans ça n’y comptez pas !

L’ennemi s’appelle coronavirus, une espèce d’homme invisible qui s’est démultiplié dans le monde pour s’attaquer à l’humain. Dans son corps, dans sa chair, il y prendra place pour le sommer de s’endormir. La mort ? Ah, dit comme ça elle fait peur. Est-ce la raison qui pousse l’humain à vouloir se dégourdir les jambes à tout prix en période de guerre ? Non, l’humain ne croit que ce qu’il voit, alors si l’ennemi ne tape pas à sa porte, il s’en moque et vague à ses activités habituelles. Même inhabituelles, certains se découvrent une passion pour la course en temps de guerre. L’essentiel pour lui : se sentir libre !

Il s’est battu longtemps pour cette liberté, avec des armes qui plus est. Enfin, pas lui, ses ancêtres, ceux qui se contentaient d’un bout de pain pour aller au front combattre l’ennemi. Un coronavirus dans l’inconscient collectif n’est qu’une guéguerre de médecins. Ceux qui sont déjà sur le front, désarmés, à sauver la vie de patients qui malencontreusement ont croisé la route de porteurs d’ennemis. Sans le savoir, l’humain sain devient l’ennemi numéro un et tue les siens. Ce n’est pas de sa faute après tout, se dégourdir les jambes n’est pas interdit… Du moins, pendant 1 heure par jour. N’est-ce pas monsieur le président ?

Pauvre humain qui oublie un dicton bateau qui pourrait faire chavirer l’ensemble du paquebot. « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », comprendra-t-il ou ne veut il pas comprendre ? Ceux déjà atteints par l’ennemi sont démunis de cette liberté quand d’autres continuent d’en jouir en toute impunité. L’insouciance de la bonne santé quand d’autres pleurent au chevet hospitalier… Il y a un effet boomerang que l’humain n’ose pas affronter. Ce qu’il fait a une conséquence sur les autres. Il est temps que le commun des mortels se rappelle qu’il vit en communauté, qu’il ne fait qu’un et c’est seulement avec une action collective qu’il vaincra l’ennemi.

Dans toute guerre, l’action collective a toujours gagné. Si la majorité pense à son petit monde, nul doute que l’ennemi gagnera. Bien qu’invisible, il est assez futé pour avoir traversé les frontières, alors votre liberté tant revendiquée s’arrêtera quand il vous aura attaqué.

Non, n’attendons pas. Prenons conscience du danger que nous infligeons aux  autres juste pour satisfaire un plaisir égoïste de se sentir libre. Cessons ce mensonge de leurrer une incompréhension des règles du combat. Il n’y en a qu’une : restons chez nous. L’ennemi s’appelle coronavirus, votre arme est le confinement, votre compagnie est l’ensemble de la population. Nous sommes en guerre, pas en vacances. 

Sarah Avena

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