Soigner l’enfant intérieur pour apaiser ses pensées négatives et vivre plus sereinement

Ce n’est pas faute de se comprendre et de mettre tout en œuvre pour voir la vie du bon côté, mais lorsque le cerveau jette l’éponge on assiste à un combat douloureusement abstrait entre la pensée positive et la pensée négative. Aujourd’hui sera une belle journée, c’est décidé. Oui, mais comment ?

Il y a bien une quête que je mène depuis des années, celle de trouver l’ingrédient magique qui estompera toute pensée négative, voire noire quelques fois. Bien que la vie à l’état pur soit belle, elle découle dans le flot de l’évolution en ramenant son lot d’événements concrets ou pas, qui affaiblissent l’optimisme. Ils sèment le doute sur ce que l’on veut, ce que l’on fait, ce que l’on est. Ce n’est pas dans la joie que j’écris ces mots, plutôt dans la peur et l’auto-jugement. J’ai beau être de nature optimiste, je suis sujette à des pensées destructrices qui adorent s’inviter dans ma comédie. Une melodramaturge de niveau supérieur conditionnée dans la culpabilité et le « tout est mal ». Je me rassure avec l’aspect féroce de ma personnalité qui veut que « tout est bien, au pire tout n’existe pas ». L’illusion parfaite d’une vie qui se veut vécue plus que raisonnablement dans l’inaction complètement freinée par un flot de pensées désolantes. Des pensées qui veulent s’apitoyer, des pensées qui ne veulent plus de toute cette mascarade, en bref des pensées que même mon optimisme s’autoriserait à trouver détestables.

C’est de ça que j’ai eu envie d’écrire ce matin. De cette vulnérabilité qui nous touche profondément dans une solitude incomprise par le monde extérieur et enchainée à l’intérieur. Comme si l’on devait toujours être à la hauteur, se surpasser, se déshumaniser pour montrer un masque intouchable. C’est faux ! D’expérience, j’ai appris qu’il fallait extérioriser ce mal enseveli dans notre tête. Il ne dort pas, c’est un leurre, il est là. C’est en l’observant, l’acceptant, le respectant, le pardonnant, l’aimant qu’on l’apprivoise.

Je vous écris non pas pour pleurer mes propres négations à la vie. Non, je vous écris pour vous dire de vous autoriser à être affaibli, triste, mélancolique, nostalgique. De vous autoriser à accepter la douleur, c’est en lui ouvrant la porte qu’on peut la consoler. Imaginez un enfant qui crie derrière votre porte, il pleure sans en connaitre la raison, vous ne lui ouvrez pas. Il se sent rejeté et hurle à la mort car il veut être entendu. Il croit que personne ne l’entend, que tout le monde s’en fout de sa peine, alors il va pleurer, pleurer, puis s’affaiblir et se faire une raison. Vous ne l’entendrez plus pleurer, il va se murer dans le silence pour qu’une porte s’ouvre. Parce qu’il est enfin calme, vous allez lui ouvrir cette porte. Il vous sautera au cou avec une demande d’affection qui fera naitre un conditionnement : c’est en me murant que l’on m’ouvre la porte, c’est en me taisant qu’on m’aimera.

Mais qu’en est-il de la souffrance ? Personne n’a pris le temps de l’écouter, de la consoler, de l’aimer. Cette souffrance restera ancrée, s’ancrera avec toutes les autres souffrances jusqu’au jour où l’enfant n’ayant plus hurlé explosera par surprise, mais cette fois ce ne sera pas une petite tristesse, un chagrin de passage mais peut être bien une dépression à l’âge adulte. Quand il se sera bien muré, quand sa peine aura bien mûri jusqu’à moisir dans ses propres décombres.

Cet enfant, c’est vous. Il sommeille à l’intérieur, il attend qu’on lui ouvre la porte depuis des années. Il croit qu’il est mal-aimé par le monde et pire que tout par lui-même. Il ne suffisait pas de lui ouvrir la porte dans le silence, non il faut lui ouvrir la porte lorsqu’il pleure et demande à être entendu, écouté. En lui ouvrant cette porte, c’est de l’amour qu’il réclame. Imaginez à présent cet enfant qui hurle à nouveau, vous lui ouvrez immédiatement la porte. Il est sur le sol en plein désespoir, vous vous approchez, le prenez dans vos bras, lui dites que vous l’aimez et que vous comprenez sa douleur. À présent, vous le rassurez et lui dites que tout ira bien.

L’amour commence ici, à l’intérieur. Cet enfant représente vos pensées noyées dans la peur qui n’osent même plus s’exprimer. Ouvrez la porte à ces pensées, acceptez-les, consolez-les, aimez-les, rassurez-les et vivez plus sereinement dans l’acceptation totale de votre être.

En écrivant le récit de ce petit être abstrait mais bien présent, j’ai la vague impression que dans le monde extérieur nous nous sommes conditionnés à nous murer. Peut-être que dès l’enfance, il faudrait nous apprendre à ouvrir la porte plutôt que de la laisser fermer. Je n’ai pas d’enfant, mais si cela devait arriver je lui ouvrirais sa porte. Je lui apprendrais que la vie est belle à l’état pur, qu’elle a son lot d’évènements, certains plus beaux que d’autres, et qu’il faut tous les accueillir sans peur. Je lui dirais que l’amour suffit à panser toutes les blessures et à accompagner les bonheurs.

Nous sommes tous des enfants, ils sont bien souvent murés en nous, ils attendent encore qu’on leur ouvre la porte pour mûrir dans le monde extérieur, s’épanouir.

Aujourd’hui sera une belle journée parce que je l’ai commencée en affrontant ma plus grande peur : celle d’ouvrir la porte à ma vulnérabilité. Aujourd’hui sera une belle journée car je n’ai pas peur d’être jugée, car je sais que je suis capable de m’observer, de m’accepter et de m’aimer. Aujourd’hui sera une belle journée parce qu’aujourd’hui ne reviendra pas dans le passé. Aujourd’hui c’est une belle journée parce qu’elle est belle et puis c’est tout !

Bonne journée 🤍

Sarah

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