JE FAIS MON COMING OUT

FACEBOOKING OUT

COMING OUT VIRTUEL ?

Je vous vois déjà derrière votre écran à vous dire « vraiment ? », la réponse est « oui, absolument ! ». Vous n’allez pas être déçu du voyage, quoique…

Avant tout, notez bien que j’ai rajouté une catégorie à mon blog : l’oeil du web. L’idée est de parler de nos vies virtuelles, d’en observer ses aspects, de la comparer à notre vie réelle, de mettre en lumière des protagonistes du web et on verra selon l’inspiration du moment.

Allez, top départ, je me lance !

Je suis née dans une époque qui m’offre l’opportunité de m’inventer une vie, de créer un concept imagé qui aurait pour but de me réconforter sur ma réelle condition. Je suis de la génération Facebook, depuis j’ai 2 vies.

Qu’est ce que le facebooking out ?

On va dire que c’est une nouvelle façon de se dévoiler pour de vrai, d’avouer une face de notre personnalité d’où le titre « coming out ». Cesser de vivre avec une étiquette. Prendre conscience que la vie virtuelle c’est comme le papier glacé, il y a une couche délicieuse qui enjolive la misère. Les photos cachent souvent des messages que l’on ne décèle pas forcément.

Pourquoi je fais mon facebooking out ?

Depuis que les réseaux sociaux existent, je dois dire que je leurs voue une certaine fascination. Je me surprends souvent à observer cette toile que nous avons tissé tous ensemble en immortalisant (pas sûre) nos informations, nos photos, nos statuts, nos blogs, nos commentaires, etc. À force d’analyser ce joli monde virtuel, je me suis rendue à l’évidence que mon humble personne est aussi victime de ce fléau dans lequel on y trouve beaucoup de réconfort ! Au quotidien, Facebook me rappelle mes souvenirs des années passées, alors je suis souvent déçue de voir que la jeune fille que j’étais partageait des publications pour le moins suspicieuses. Le mot est un peu fort, disons que je véhiculais une image d’une vie glorieuse, une autre partie était plus sombre, mais ça Facebook ne le sait pas. En prenant de la distance (en grandissant), visionner ces moments me rappelle surtout à l’ordre. Pour cet article, j’ai décidé de me prendre pour cobaye afin d’étudier le sujet du facebooking out et pourquoi pas vous délivrer mon vrai visage.

Ok, alors tout est faux ?

Disons que rien est faux, tout est vraisemblablement bien orchestré.  Bon, je vais cesser de me faire tourner en bourrique moi-même ! Vous voyez les photos que l’on publie, il suffit d’y mettre un joli commentaire tout sympathique et hop la vie devient rose. Voilà, le fond du problème c’est ça : faire de sa vie virtuelle un cocon douillé pour se réconforter sur un idéal, un fantasme de vie réelle. Ensuite, on partage le tout sur les réseaux et la vie devient rose flamboyante lorsque les commentateurs confortent l’idée de l’image publiée.

Pourquoi est-ce un problème ?

Problème, qui a dit problème ? Internet est devenu LE moyen de communication d’aujourd’hui. Ce qui signifie que dans votre vie réelle, les gens vont automatiquement vous associer avec votre page facebook, votre profil instagram ou tout autre compte créé sur la toile. De plus, avoir une belle vie en vrai est certainement plus audacieux que de se mentir à soi-même. Oops, allons à l’essentiel !

Ouvrons le chapitre le plus caucace : un sourire est plus vendeur qu’une photo noire

C’est là que je me prends pour cobaye ! Pour cause, en écrivant cet article je me suis dit qu’il fallait que j’illustre mes propos afin de les justifier, de prouver mon analyse avec des supports. Prendre le profil d’un instagramer au millier d’abonnés aurait été trop facile, voir peu pertinent car les statistiques pourraient être faussées par les hater en tout genre. Cependant, notez bien que les blogueuses qui ont des pages plus colorées, épurées et qui respirent la joie de vivre attirent plus followers. Je vous vois venir, ne dites pas ce que je n’ai pas dit ;-) Moi aussi, mon petit être virtuel est attiré par le positif, facile ! Comme simple commun mortel j’aspire à une vie heureuse, donc  un sourire sur une plage azur retiendra probablement plus mon attention qu’une page noire avec un commentaire obscur (preuve à l’appui par le cobaye du jour à voir ci-dessous). Plage azur et cocktail coloré, qu’est qu’on dit ? On… LIKE les amis ! Nous vivons dans une communauté virtuelle, ce qui me donne le droit de vous nommer ainsi. Raccourci facile, je vous l’accorde ;-)

Je ne jette point la pierre aux lik-ère, bien au contraire. Continuons l’analyse avec ce cobaye vivant – moi.

Facebooking Out

Lorsque je publie la photo numéro 1 dans un décor glamour (Place du Casino Monaco) accompagné d’un sourire, les commentaires sont très sympathiques, 179 like, on se fout presque du pourquoi du comment sachant que je n’ai rien écrit, la vie semble belle et je remercie les personnes qui commentent car ça me touche profondément. Pourquoi ça me touche ? Eh oui, expérience du commentaire virtuel qui créé une émotion réelle. Le causalité contraire existe aussi. (prochain article ?) 

Facebooking out

Puis, un jour j’ai publié ce fond noir avec une silhouette obscure, image numéro 2, avec le commentaire « Parce que la fin a toujours un début, bienvenue dans ce dernier monde que vous nommerez comme vous le souhaitez. Peu importe ». 2 like, après tout on ne comprend pas ce qu’elle raconte, au pire son copain l’a plaqué. FAUX ! :-) Ceci dit, avouez que ça laisse perplexe sur la perception que nous avons de nos petits mondes virtuels.

Je prends cet exemple qui me paraît pertinent. La première photo a été publiée le 12/11/2013 et l’autre le 31/10/2011 (non, je n’ai pas connu un essor amical entre-temps). On ne peut pas dire que l’aspect timing ait contribué à mettre en lumière une image plutôt qu’une autre, non ? Arrêtez moi si je me trompe. Voilà qu’en plus d’être un commun virtuel, je me parle à moi-même, bravo les dégâts. Quoique, ce n’est pas encore pathologique.

Et alors ?

Euh… Partie moins évidente à écrire. Je me lâche et je vous explique la conclusion personnelle que je me permets de faire sur cette analyse.

Depuis la création de mon compte facebook, j’ai été une utilisatrice très commune. Au fil du temps, j’ai partagé ma jeunesse, mes soirées amicales plutôt festives, mes événements organisés (oui, j’étais productrice d’événements), des opérations caritatives aussi, puis des statuts très glamour de la vie dans laquelle je baignais par choix et non par défaut. Cette image colorée m’a permis de grandir, d’agrandir mon cercle social aussi. Tout cela est la vie réelle certes mais il y a une part de mon moi qui a tenté de communiquer parfois, sans succès. Naturellement, j’ai compris comme beaucoup que la joie attirait la joie et finalement parler des problèmes du quotidien faisait fuir, fait fuir. Parole de pratiquante de la positive attitude.

Mon facebooking out

En 2011 lorsque j’ai publié ce fond noir, j’étais dans le noir, celui que l’on n’aime pas, celui que l’on rejette, ce côté obscur qui brise des verres, se déteste, n’ose pas appeler à l’aide, ne veut pas perturber le joli petit boudoir rose, celui qui fait couler des larmes de sang, celui qui est vulnérable, celui qui en veut à la terre entière à commencer par moi. Ayant fait le choix de prendre le chemin des paillettes, il m’était alors difficile d’expliquer ce mal être dans un milieu où l’apparence compte énormément. L’écriture m’a souvent sauvé de ce manque de communication externe, finalement Facebook est un bon moyen de s’extérioriser sans contrainte directe.

J’ose juste espérer que cet article posé là sur la toile captera votre attention sur le message essentiel que je souhaite partager : les images que nous partageons au quotidien reflètent une partie de ce que l’on veut montrer en cachant une partie réelle plus profonde. Je rêve d’un monde virtuel dans lequel nous prendrons quelques minutes supplémentaires pour s’assurer d’avoir bien compris le message des publiants. Nous nous rencontrons dans ce faux monde tissé, qui je l’espère, deviendra plus humain afin de nous rapprocher et pas de nous détruire chacun de notre côté (derrière l’écran).

Vous avez aimé cet article ? Vous aussi, faites votre Facebooking Out sur une photo publiée il y a quelques temps et écrivez le message caché de votre publication. Utilisez cet hashtag #FacebookingOut afin de partager votre vraie histoire 

Vous pouvez aussi aimer cet article et le partager, promis c’est gratuit 


Info blog  : j’ai développé récemment une rubrique « L’oeil du web » dans laquelle je publierai des articles qui concernent les réseaux sociaux, des analyses, des observations, une ouverture au débat et tout plein d’autres sujets sur lesquels je travaille actuellement :-) 

FacebookGoogle+Partager