Facebook : doit-on faire la gueule aux smileys ?


Facebook : les smileys font aussi la gueule !

Chers amis de la sphère web, la révolution de nos comportements virtuels vient d’être mise en marche par un grand bonhomme que nous connaissons tous, j’ai nommé Mark Zuckerberg, maitre des lieux de notre seconde maison : Facebook.

À présent, nous pouvons aimer, adorer, rire, être étonné, être triste, nous mettre en colère !

Ce matin, je me réveille tranquillement dans ma double vie. Comme d’habitude, le café est encore chaud lorsque j’appuie sur l’icône bleue de mon smartphone afin de me connecter dans mon monde digital. Je découvre alors qu’il y a de la nouveauté dans mon cocon familier. Facebook a décidé de nous offrir l’opportunité de nous taire et de mettre des smileys d’humeur.

Révolution comportementale virtuelle

C’est un petit pas pour l’humain digital, un grand pas vers l’avenir ! (humanité) Ils nous secondent souvent sur les réseaux sociaux, les smileys représentent nos expressions du visage, nos humeurs, nos sentiments. Nous nous sommes naturellement familiarisés avec eux en les utilisant dans le corps de nos textos, emails, statuts. À partir d’aujourd’hui, nous les verrons encore plus dans notre quotidien.

En effet, vous pouvez dire au revoir aux pouces en l’air, les haineux vont pouvoir s’acharner sur l’icône en colère. J’aimerais tellement trouver ça drôle si Facebook n’était qu’une plateforme joviale sur laquelle on jouait à s’aimer. Cependant, cette révolution comportementale pourrait bien créer de nouvelles problématiques.

Pour cause, avant on se contentait de liker du contenu pour faire remarquer qu’on avait bien vu la publication, qu’on l’avait aimée, qu’on la validait.  Si on l’approuvait, on pouvait tout simplement balancer un commentaire en supplément, notamment pour le bonheur du publicateur. On utilisait aussi la barre des commentaires pour faire part d’un mécontentement en ajoutant des arguments (ou pas).  On s’était vite habitué à ce système social qui ouvrait un débat, qui nous laissait encore nous exprimer comme des êtres humains.

À présent, c’est terminé ! On pourra même faire la gueule sans perdre notre énergie à commenter. C’est presque la fin du chapitre « like », si t’es pas content tu pourras faire sortir ta haine avec un smiley bien rouge. Comme si ce petit monde était l’univers des bisounours attaqué par des méchants. En plus d’être négatifs, ils sont anxiogènes pour notre routine virtuelle. Avant de cliquer sur le bouton « publier », on devra réfléchir doublement ! (du moins, c’est recommandé) Imaginez vous retrouver avec une centaine de smileys rouges et 1 seul pouce en l’air ? Sachant que les réseaux sociaux sont le lieu idéal pour les haters (haineux), ceux qui s’amusent à détester successivement les publications pour seul but : dévaloriser l’autre (se mentir à soi-même sur une pathologie de jalousie obsessionnelle).

L’idée du siècle ?

Je me pose la question : est-ce une bonne idée d’avoir installé ces personnages pour nous seconder ? J’ai l’impression que cette évolution sur la plateforme sociale est en train de nous transformer totalement en être digital. Pour le moment, nous avions encore nos traces humaines grâce aux mots. Si nous cessons de discuter, notre état d’humain ne sera plus présent sur la toile. Facebook étant un leader des réseaux sociaux, il est probable que ses copains twitter&co en fasse de même.

Rajoutons aussi que c’est une grande avancée pour Facebook qui aura le privilège encore plus exclusif de mesurer avec précision nos centres d’intérêt. Un algorithme puissant pour définir nos affinités probablement dans un but de ciblage commercial.

Le point positif 

Dans le cadre des articles, ces nouveaux personnages pourraient être utiles, surtout lorsque l’on veut créer une pression communautaire sur un sujet médiatique qui fait débat. Éventuellement, ça pourra servir à exprimer de la compassion dans certains cas, cela pourra être acceptable.

Bien heureusement, les options like sont toujours d’actualité ! Celle-ci a même été optimisée avec le « j’adore ». Qui sait, on va peut être se taper des fous rires tous ensemble avec le smiley rigolo ! Puis, celui qui est surprit  n’est pas si mal, il peut être compatissant ou choqué selon son interprétation.

On se dirige vers une indépendance en prenant de la distance avec le phénomène socio-digital de notre addiction aux like(s). Nous ne sommes plus contraints d’aimer, nous pouvons réagir.

Le gros point négatif

À mon humble avis, la réelle problématique est que ces options ne se limitent pas seulement à une utilisation sur les articles mais aussi sur nous autres. Nous allons nous auto-juger de façon directe sur nos propres profils, nos photos, nos statuts. Il y a un aspect très négatif avec le smiley rouge (en colère) qui me met à l’aise dans cette nouvelle ère.

De plus, je n’aime pas l’idée de nous limiter à des symboles. Un réseau social est censé être social, ce qui veut dire  une ouverture avec les autres. Nous habituer à l’utilisation de smileys pourrait nous déshumaniser et ôterait le caractère social de la sphère web.

Pratique : Pour utiliser pleinement cette nouvelle fonction, n’oubliez pas de faire la mise à jour de Facebook sur votre smartphone. Sur PC, il suffit de cliquer sur le banal « j’aime » pour voir apparaître les options.  Sur votre portable, laissez votre doigt appuyé sur le bouton « j’aime ».

Cette nouveauté me laisse perplexe, et vous ?

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