ÊTRE CÉLÈBRE PENDANT 15 MINUTES

Un jour, chacun aura ses 15 minutes célébrité mondiale

Plus besoin d’attendre l’heure de gloire, nous sommes tous des célébrités. Que ce soient 10 amis ou 10 000 abonnés, ils nous approuvent en quelques likes. On nous aime, on nous déteste, dans les deux cas on nous observe. Je like, tu likes, nous existons. Dès lors qu’on s’affiche sur un réseau social, nous créons ce profil qui nous offrira des données numériques sur notre taux de notoriété. Il n’y a pas de petite star, chacun a droit à sa dose. Certains crieront au voyeurisme ! Comment contredire une véracité dans laquelle nous avons déjà mis les pieds. D’un côté il y a le curieux, de l’autre le protagoniste de sa propre vie, puis vice versa on échange les rôles pour s’auto-approuver.

Bye bye l’anonymat

Avant l’arrivée des réseaux sociaux, il n’y avait pas de canal aussi accessible pour obtenir l’approbation d’une audience. Le cercle des stars était fermé, tellement exclusif que découvrir les coulisses de la vie d’une célébrité faisait rêver. Feuilleter un magazine pour connaître les aléas du quotidien de Lady Diana ou Madonna était chose courante. Être voyeur (observateur) semble être une facette non assumée de l’humain. Aujourd’hui, on tapote, on glisse, on swipe, on switch, bref nous sommes connectés. Chez les gens dits « normaux », on idolâtrait un chanteur ou acteur, puis on vagabondait à nos occupations de petites gens. Si l’on achetait une nouvelle robe, on demandait à sa mère, sa copine ou son copain si celle-ci était jolie, par la même occasion si elle nous allait bien. À présent, amis et inconnus sont libres de nous donner leurs avis  « J’aime ton style, tu l’as achetée où ? T’es belle ». Hormis l’apparence, on peut utiliser la toile pour mettre en valeur sa personnalité et recevoir des « J’adore ton état d’esprit, merci de nous inspirer ». Ce phénomène si facile d’accès est addictif, plus on en a , plus on en veut, plus le voisin en a, plus on en veut à notre tour. Une sorte de cercle de partage sans limites. Quand on imagine le nombre d’habitants sur cette planète qui ont internet, on peut également se dire que tous ces gens sont des fans potentiels à acquérir. Talent, piston, que nenni ! Oser être consentant sur la webosphère est le premier pas vers sa propre starification. Bye bye l’anonymat oui, sans oublier l’intimité.

Être une star c’est pas facile 

Faut pas rêver, être célèbre c’est pas la vie en rose tous les jours. Quand hier une photo comptabilisait 50 likes et que celle d’aujourd’hui n’en a que 10, il y a de quoi se remettre en question. Que se passe-t-il ? Ne m’aiment-ils déjà plus ? Suis-je moche ? Quelqu’un a dit du mal sur moi ? J’aurais peut être dû utiliser un autre filtre… Être psychotique c’est le traintrain des grandes célébrités (celles qui voyagent en jet privé), nous autres aussi avons développé ce syndrome viral du « aimez-moi ».

Les stars qui ont réussi vivent dans l’insécurité parce qu’elles ne savent pas de quoi demain est fait. Une simple polémique peut mettre fin à une carrière et les feux des projecteurs peuvent s’éteindre à tout moment. La différence avec le commun des gens normaux, c’est la sécurité de l’argent. Si demain, j’expose ma vie et que celle-ci est approuvée à chacune de mes publications, lorsqu’un post sera détesté je n’aurais pas acquis de bénéfices sur mes posts précédents. Seulement dans le cas d’une notoriété web qui permet de gagner sa vie comme les digital influencers par exemple. Les gens s’infectent d’un niveau élevé d’anxiété par peur d’affronter le négatif, mais ils n’ont pas la sécurité financière à la hauteur des célébrités.

Peu importe le nombre d’amis ou abonnés, il y a une anxiété quant à l’approbation positive qui s’est installée dans notre routine digitale. L’angoisse de confronter le négatif n’est que suite logique. Ce perfectionnisme se voit de plus en plus sur les réseaux sociaux, que ce soit sur la création d’un thème sur sa page Instagram, l’usage fréquent d’un filtre sur Snapchat, il suffit de voir sa galerie de photos dans son mobile pour voir comment nous sommes devenus exigeants envers nous-mêmes. Une quantité de clichés triés pour enfin publier celle qui sera LA photo.

Alors que nous avons créé une identité sur un média numérique, la vie quant à elle reste stable. Elle n’est pas aussi extravagante que ce qui est partagé. Attendre l’acquiescement général de son web entourage n’aide pas dans sa vie réelle dans le cas d’une addiction. Avoir du recul est la meilleure voie. Non pas qu’il ne faut pas partager, plutôt dans le sens qu’il ne faut pas attendre que l’autre nous aime. S’aimer soi-même restera la clé d’un succès personnel.

On a tous goûté aux 15 minutes

Andy Warhol avait dit « À l’avenir, chacun aura droit à ses 15 minutes de célébrité mondiale », c’est chose faite. Nous avons tous les médias pour obtenir la reconnaissance tant convoitée. Facebook nous a ouvert la porte d’entrée à échelle internationale, du moins il a facilité notre adaptation à cette nouvelle ère. Une sorte d’apprentissage sur la suite à venir. Ce qui devait être un réseau social pour rester connecté avec ses proches est finalement devenu un terrain sur lequel se joue la course au succès. La plupart des utilisateurs ont plus d’amis sur leur compte que dans la vraie vie. Instagram, Snapchat, Twitter, Périscope, Youtube sont tous les réseaux  qui transforment l’inconnu en reconnu.

Je pense à Twitter sur lequel on peut souvent voir des twittos qui épinglent le fameux statut qui les aura rendu célèbre le temps d’un tweet. Une blague qui a recueilli une centaine de retweet, un gif animé qui a fait rire la toile ou bien un avis partagé sur une polémique qui a su convaincre les autres twittos. On voit souvent celui qui est devenu la star du jour écrire « J’ai percé sur twitter ! :D ». De retour à la cour de récrée ou au bureau, la star n’est déjà plus… Ça doit être ça les fameuses 15 minutes de célébrité.

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